Ce que 14 ans de mariages m’ont appris sur l’amour

L’amour ne se mesure pas à la durée, mais à l’intensité

Après 14 ans à photographier des mariages dans le golfe de Saint-Tropez,

j’ai accepté de répondre aux questions qu’on ne pose presque jamais aux photographes.

 

Pas sur la technique.

Ni sur le matériel.

 

Sur l’amour.

Le vrai.


On prépare encore un mariage pour se dire oui… ou pour faire de belles photos ?

Mes mariés à moi (ceux que je choisis et avec qui j’accepte de travailler)

se marient pour se dire oui.

Mais il y en a de plus en plus qui veulent surtout de belles images

pour en mettre plein la vue.

Le plus absurde que j’ai vu pour que “ça fasse joli” ?

Un couple avait fait un crédit pour financer son mariage.

Lieu prestigieux privatisé trois jours dans le golfe de Saint-Tropez,

champagne, huîtres, cigares…

 

Et à la fin, ils n’avaient plus d’argent pour payer les photos.

Silence radio pendant six mois.

 

Comme quoi…

l’image passe parfois avant l’essentiel.

Ce qui fait vraiment la beauté d’un mariage

L’amour.

Rien que l’amour.

 

Je choisirai toujours

un mariage imparfait rempli d’amour

plutôt qu’un mariage parfait sans connexion.

 

Sans aucune hésitation.

Le plus grand mensonge raconté aux futurs mariés

Qu’on peut économiser sur les images.

Alors que ce sont les seuls souvenirs tangibles

qui resteront dans 10, 20 ou 30 ans.

Le détail minuscule qui me bouleverse à chaque fois

La place donnée aux anciens.

 

Un couple avait confié les alliances à la doyenne

plutôt qu’aux enfants.

 

C’était d’une élégance…

et d’une émotion incroyable.

Photographier l’amour rend-il plus romantique ?

Non.

Plus lucide.

 

Mon premier mariage gay, en 2015,

a bouleversé ma vision de l’amour.

J’y ai appris la vraie définition de la tolérance, l’amitié,

l’amour … le vrai.

 

J’ai pleuré tout le trajet de Béziers

jusqu’à Saint-Tropez.

Voir autant d’histoires… c’est aussi voir celles qui se brisent

Oui.

Et c’est toujours douloureux.

 

Je me suis retrouvée un jour

à pleurer dans les bras de ma mariée

quand elle m’a annoncé sa séparation.

 

Parce que derrière les images,

il y a des vies.

Est-ce que je crois encore au “pour toujours” ?

Oui.

Certaines âmes sont destinées.

 

Mais j’ai surtout appris que l’amour

ne se limite pas au couple:

Il est partout autour de nous.

Il faut juste réapprendre à le voir.

Ce que je murmurerais à chaque couple avant l’autel

Vis l’instant.

Écoute ton cœur.

Cet engagement est sacré.

 

Savoure-le…

et remercie de pouvoir le ressentir

en ce jour béni.

Pourquoi croire encore que l’amour vaut la peine ?

Parce qu’on vit dans une société

où tout se remplace.

Les objets.

L’attention.

Les liens.

 

Alors quand on a la chance

de vivre un amour,

c’est quelque chose de rare

et précieux.

 

Parfois ça dure.

Parfois non.

Mais l’amour ne se mesure pas

à la durée.

Il se mesure

à l’intensité.

 

Alors il faut le vivre.

Le ressentir.

Et avoir de la gratitude

pour l’avoir connu.

 

Parce que oui…

cela vaut toujours la peine.


Photographier un mariage,

ce n’est pas seulement raconter une journée.

 

C’est garder la trace d’un instant

où deux vies ont choisi

de marcher ensemble,

même sans savoir jusqu’où.

 

Et peut-être que c’est ça, au fond,

le plus important :

oser aimer… même sans garantie de durée.

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Commentaires: 1
  • #1

    Raquel Rodriguez (samedi, 14 février 2026 19:58)

    Tellement vrai �